Amis des arts et de la culture de Palestine

STOP AU RÉGIME DE DÉTENTION ADMINISTRATIVE INFLIGÉ AUX PALESTINIENS PAR ISRAËL

Par Les Amis du Théâtre de la Liberté de Jénine

L’arrestation le 11 septembre 2022 de Bilal al-Saadi, président du Freedom Theatre de Jénine, et son placement en détention administrative illustrent la menace qui pèse en permanence sur les Palestiniens et, singulièrement, sur le monde culturel et sur sa liberté d’expression.

Bilal al-Saadi a été arrêté à un barrage routier de l’armée israélienne en allant de Ramallah à Jénine, en Cisjordanie occupée, après avoir rencontré le ministre palestinien de la Culture et participé à l’Assemblée Générale du réseau palestinien des arts vivants. Il a été entendu le lendemain sans qu’aucun chef d’accusation ne soit formulé à son égard et sans qu’aucune charge ne soit retenue contre lui. Il est désormais en détention administrative et n’a pas droit à un procès lui permettant de se défendre.

Parmi les milliers de prisonniers palestiniens, plusieurs centaines (plus de 700 actuellement) dont Salah Hamouri, avocat franco-palestinien, sont enfermés comme lui dans les prisons israéliennes sous le régime de la détention administrative ; ni eux ni leur avocat n’ont le droit de connaître le motif de cette détention. Leur temps de détention – de 3 à 6 mois initialement – est renouvelable au gré du bon vouloir des autorités militaires qui gèrent l’occupation illégale de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est. La détention administrative est un système criminel hérité du mandat britannique. Le Royaume-Uni avait créé cette procédure pour mater la révolte des Irlandais en 1916 et l’a ensuite étendue à tout son empire.

L’arbitraire israélien, qui règne en maître, porte atteinte à tous les aspects de la vie - famille, travail, sport, culture. Il utilise la détention administrative pour étouffer les voix palestiniennes, notamment celles des artistes. Lorsque celles et ceux qui animent la vie culturelle peuvent à tout moment subir une arrestation, comment les activités concernées – théâtre, musique, ateliers de formation artistique -peuvent-elles se poursuivre ? Comment fidéliser le public, gérer les locaux et l’équipement, assurer des conditions correctes au personnel technique, une stabilité aux comédiens et comédiennes ?

En Palestine, et en particulier dans les camps de réfugiés, les familles vivent dans une inquiétude attisée par les incursions violentes et répétées de l’armée israélienne. Les enfants souffrent souvent de problèmes psychiques. Or, les arts vivants permettent de rompre avec un isolement physique et mental oppressant. Ils sont un élément de cohésion sociale et de résistance à l’occupation. Dans le camp de réfugiés de Jénine, le Théâtre de la Liberté (Freedom Theatre), qui a vu ses membres souffrir maintes fois de la détention administrative, doit pouvoir continuer à créer, à offrir des spectacles aux habitants du camp et de la ville, à animer des ateliers de théâtre pour enfants, à assurer le cursus de trois ans de son école de théâtre. La troupe doit avoir la liberté de se déplacer librement dans tout le pays ainsi qu’à l’étranger, où elle porte la voix d’une Palestine qui veut être libre.

Les signataires s’élèvent contre le régime inique de la détention administrative et attendent du gouvernement français qu’il intervienne auprès des autorités israéliennes pour qu’elles y mettent fin.

Publication Facebook du Freedom Theatre 22 septembre 2022 :

Bilal Al-Saadi Le président du théâtre de la liberté a été condamné à 6 mois de détention administrative par Israël - une peine d’emprisonnement sans procès ni inculpation, qui peut être renouvelée à plusieurs reprises. Les artistes palestiniens continuent d’être censurés, emprisonnés et attaqués. Nous avons besoin de votre aide
Signez la Pétition

Documents à télécharger

  Affiche Lancement
  Logo CTP


FAIRE UN DON

ACTUALITES

  • Habiller le discours dominant en rigueur historique A propos du documentaire « Palestine : une histoire » diffusé sur France 5

    Il existe une forme de malhonnêteté intellectuelle plus redoutable que le mensonge, celle qui emprunte le langage de la rigueur pour mieux maîtriser la conclusion. Le documentaire « Palestine : une histoire », diffusé sur France 5, en offre un exemple particulièrement travaillé. Sur trois épisodes, il convoque le paradigme du colonialisme de peuplement, donne à voir la dépossession historique du peuple palestinien, interroge des témoins, palestiniens notamment, cite des archives, partage des (…)

  • L’acteur Motaz Malhees ne pourra pas assister à la cérémonie des Oscars

    Bloqué par l’interdiction de Trump de laisser voyager les Palestiniens
    Le film de Kaouther Ben Hania, « La voix de Hind Rajab », présenté par la Tunisie, est sélectionné pour l’Oscar du meilleur film international, mais l’un de ses acteurs ne pourra être présent à la cérémonie le dimanche 15 mars.
    Motaz Malhees, qui incarne un opérateur de centre d’appels tentant désespérément d’aider Hind Rajab, une fillette palestinienne de 5 ans piégée dans une voiture sous les tirs à Gaza, a annoncé (…)

  • Négation du génocide à Gaza : la France en pôle position

    Si vous demandez à Chat GPT quelles instances internationales estiment qu’Israël commet un génocide à Gaza, il vous rappellera que la Cour internationale de justice (CIJ) a ordonné des mesures conservatoires devant un risque risque « réel et imminent de préjudice irréparable au titre de la Convention sur le génocide » dans son ordonnance du 26 janvier 2024. Il vous citera également la Commission d’enquête indépendante des Nations unies qui a conclu en septembre 2025 qu’Israël avait commis et (…)