Amis des arts et de la culture de Palestine

Des Cévennes à Bethléem

Comédien et metteur en scène, directeur artistique de l’association Sin, Emilien Urbach est l’invité de la semaine pour la tribune libre de L’HUMANITE du 24 au 28 octobre 2007.

Après trois semaines de répétitions sur une pièce librement inspirée de témoignages captés dans les Cévennes méridionales, auprès des ouvriers des usines Well et Jalatte en voie de délocalisation, nous voici, Jérôme Kocaoglu et moi-même, en Cisjordanie. Objectif : y jouer notre dernier spectacle créé à l’attention des enfants, l’Arbre à palabres : le périple d’une petite fille autour de la Méditerranée. Son quotidien, dans une de nos cités occidentales, est rythmé par l’ennui et l’individualisme. Elle décide alors de partir en quête d’un arbre autour duquel, comme lui a dit son grand-père, tout le monde se retrouve pour faire la fête et se parler. Ainsi, elle rencontre une vieille et vilaine sorcière en Italie ; deux fous et fourbes sur les toits d’Istanbul ; un enfant perché sur un arbre décroché du sol dans un pays sans nom ; un vieux Berbère, dans le désert marocain, qui sait tout ou presque ; une foule de Gitans espagnols en liesse ; et finalement, ses voisins qui n’attendaient qu’un joyeux prétexte pour rompre avec la morosité.

Cette tournée est organisée en partenariat avec la Société des amis d’Al Rowwad. Al Rowwad, c’est un centre culturel basé dans le camp de réfugiés d’Aïda à Bethléem. Sous l’impulsion de son directeur, Abdel Fatah Abou Srour, une pièce de théâtre a été créée par un groupe d’adolescents, Nous sommes les enfants des camps. Elle retrace l’épopée des réfugiés palestiniens depuis la Nakba de 1948 jusqu’à nos jours. Cette création a été plusieurs fois représentée en France en 2005 et 2006.

Voici donc le cadre de ce sixième déplacement de Sîn en Palestine. Notre précédent séjour nous avait permis de créer un spectacle à partir de témoignages glanés auprès de Palestiniens, à l’heure de l’édification par Israël du mur de séparation en Cisjordanie.

La semaine dernière, à Ganges (Hérault), lors des Troisièmes Rencontres des littératures écrite, dessinée et théâtrale, je participais à une table ronde qui posait la question du champ d’action de la création artistique face aux réalités sociales et politiques contemporaines.

Je pense à une citation de Federico Garcia Llorca : « Nous sommes les agitateurs de l’esprit. Nous réveillerons partout les germes de la confusion et du malaise. (…) Que les trafiquants de drogue se jettent sur nos pays terrifiés. Que l’Amérique au loin croule de ses buildings blancs. Soulève-toi, monde ! Voyez comme cette terre est sèche et bonne pour tous les incendies. »

À demain.

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