Amis des arts et de la culture de Palestine

Les enfants troubadours du camp d’Aida

L’Humanité, par Françoise Germain-Robin

La troupe Al Rowwad joue en France Nous sommes les enfants du camp devant des salles bouleversées d’émotion.

Mettre en mots, en chants, en geste (entendez : la geste) la vie quotidienne d’un camp de réfugiés palestiniens, et, avec cela, émouvoir, émerveillé, faire à la fois pleurer et rire un public qui ne connaît de cette réalité terrible que les images de la télé. C’est la gageure réussie par la troupe théâtrale Al Rowwad actuellement en tournée en France. Mardi 27 juin à Gennevilliers la salle du centre culturel était archi comble (malgré le match France-Espagne au Mondial !) au point que des gens étaient assis par terre sur les marches ou même debout. Captivés par ces garçons et ces filles venus nous apporter leur monde en une succession de petites scènes qui disent la guerre, les bombardements, les incursions des soldats dans le camp, à travers les murs des maisons qu’ils trouent ou renversent, les pierres du chemin que les enfants ramassent et leur lancent, les tirs, les arrestations, les fouilles, les morts. Celle de la maman de la jeune Wo’od (son nom veut dire promesse). Elle l’a vu se vider de son sang près d’elle en 2002 lorsque les soldats ont attaqué le camp pendant l’opération « Remparts ». Elle refait les gestes d’alors, ses appels au secours inutiles, ses cris. Dans l’assistance captivée, des larmes coulent sur bien des visages. « Est-ce que c’est vrai tout cela ? » demandent des femmes à la fin du spectacle, après la longue ovation debout faite aux enfants. « Oui, hélas, tout est vrai » répond une des militantes de l’Association des Amis du Théâtre Al Rowwad, organisatrice de la tournée et qui accompagne les enfants tout au long de leur périple, le second dans notre pays, puisqu’ils étaient déjà venus en 2003.
En exergue du programme, cette phrase d’Albert Einstein : « Tout ce qui travaille au développement de la culture travaille aussi contre la guerre. » Et c’est exactement le principe qui guide les inventeurs de ce théâtre par comme les autres, notamment le metteur en scène Abdel Fattah Abu Srur : « lutter avec d’autres armes que les pierres contre l’occupation et la colonisation israéliennes. »
« Ils veulent nous déraciner de notre Palestine comme ils déracinent nos oliviers. Mais nos racines sont profondes. Nous sommes un peuple qui oublie de mourir », chantent les enfants à la fin du spectacle. Après, certains s’attardent pour leur parler, les embrasser, leur dire merci. Une femme qui est venue là avec ses deux filles s’indigne : « Comment, nous, en France, pouvons-nous tolérer que des choses pareilles se passent ? Qu’est-ce qu’on attend pour les aider ? »
Bonne question.



FAIRE UN DON

ACTUALITES

  • Habiller le discours dominant en rigueur historique A propos du documentaire « Palestine : une histoire » diffusé sur France 5

    Il existe une forme de malhonnêteté intellectuelle plus redoutable que le mensonge, celle qui emprunte le langage de la rigueur pour mieux maîtriser la conclusion. Le documentaire « Palestine : une histoire », diffusé sur France 5, en offre un exemple particulièrement travaillé. Sur trois épisodes, il convoque le paradigme du colonialisme de peuplement, donne à voir la dépossession historique du peuple palestinien, interroge des témoins, palestiniens notamment, cite des archives, partage des (…)

  • L’acteur Motaz Malhees ne pourra pas assister à la cérémonie des Oscars

    Bloqué par l’interdiction de Trump de laisser voyager les Palestiniens
    Le film de Kaouther Ben Hania, « La voix de Hind Rajab », présenté par la Tunisie, est sélectionné pour l’Oscar du meilleur film international, mais l’un de ses acteurs ne pourra être présent à la cérémonie le dimanche 15 mars.
    Motaz Malhees, qui incarne un opérateur de centre d’appels tentant désespérément d’aider Hind Rajab, une fillette palestinienne de 5 ans piégée dans une voiture sous les tirs à Gaza, a annoncé (…)

  • Négation du génocide à Gaza : la France en pôle position

    Si vous demandez à Chat GPT quelles instances internationales estiment qu’Israël commet un génocide à Gaza, il vous rappellera que la Cour internationale de justice (CIJ) a ordonné des mesures conservatoires devant un risque risque « réel et imminent de préjudice irréparable au titre de la Convention sur le génocide » dans son ordonnance du 26 janvier 2024. Il vous citera également la Commission d’enquête indépendante des Nations unies qui a conclu en septembre 2025 qu’Israël avait commis et (…)