
Communiqué du Festival Ciné Palestine Paris-Marseille, 12/09/2025
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Alors que le génocide à Gaza se poursuit depuis près de deux ans, que des dizaines de milliers de Palestinien·nes sont massacré·es sous les bombes israéliennes et qu’une offensive militaire ravage actuellement le territoire, la Fête de l’Humanité a choisi de programmer le film OUl de Nadav Lapid dans le cadre d’un cycle prétendument consacré à la Palestine.
Nous condamnons ce choix inacceptable. Ce film, coproduit par la société israélienne Bustan Films, financé par l’Israel Film Fund, vitrine de l’Etat sioniste via sa programmation dans le cadre du Festival du Cinéma Israélien à Paris, et nommé dans sept catégories aux Ophirs – l’équivalent des César en Israël, permettant une éventuelle représentation du pays aux Oscars – tombe pleinement sous le boycott culturel lancé en 2004 par PACBI (Palestinian Campaign for the Academic and Cultural Boycott of Israel), composante du BDS (Boycott, Désinvestissement et Sanctions).
Sous une apparence critique, OUl participe en réalité à la normalisation de l’État israélien, en donnant une image culturelle "légitime" à un système colonial. Ce type de production contribue à invisibiliser les récits palestiniens, alors même que le cycle devrait leur être entièrement consacré.
Les cinéastes palestiniens, dont les films devaient être diffusés dans l’Espace Jack Ralite, nous ont exprimé leur souhait de ne pas voir leurs œuvres projetées aux côtés de OUI, considérant cela comme une offense à leur égard.
Sa programmation repose sur le faux postulat d’une symétrie entre oppresseurs et opprimés.
Malgré notre demande de retrait du film après avoir rencontré l’équipe de la Fête de l’Humanité, ces derniers ont seulement accepté de modifier le créneau de programmation en dehors du cycle Palestine, mais en refusant de manifester publiquement leur solidarité en répondant pleinement à l’appel au boycott lancé par les Palestinien·nes.
En respectant la ligne du boycott culturel portés par BDS et avec le soutien des collectifs La Palestine sauvera le cinéma et Le Decolonial Film Festival (DFF), nous réaffirmons que tout collectif ou événement qui se porte solidaire de la Palestine doit mettre au centre les voix palestiniennes et refuser toute tentative de blanchiment culturel de l’État israélien.
Nous, le Festival Ciné-Palestine, maintenons la nécessité de respecter les demandes des cinéastes palestiniens et refusons de cautionner la décision de maintenir OUI à la Fête de l’Humanité : nous nous retirons donc du cycle de programmation cinéma et ne présenterons pas nos films au cycle Palestine.