Amis des arts et de la culture de Palestine

Programme de fitness pour les femmes d’Aïda

 Lundi, 16H15. Une à une, des femmes de tous âges passent la porte du centre AlRowwad. On commence à dérouler les nattes pour couvrir le sol de la grande salle polyvalente qui sert aussi aux répétitions de théâtre et de dabka ou aux spectacles. On empile les matelas.

16 heures 30. Les messieurs sont gentiment mais fermement priés de quitter le centre. Quelques minutes plus tard, les foulards et longues jupes étant restés au vestiaire, Sahar entame son cours de fitness. Après environ 1/2 heure, on passe à la danse, orientale ou non. Toutes ’s’éclatent’ sans complexe. Ce scénario se reproduit 3 fois par semaine depuis que le centre a inauguré cette nouvelle activité réservée aux femmes.

Au début, en janvier, elles étaient une bonne dizaine. Aujourd’hui, après deux mois de fonctionnement, elles sont plus de 25. Un très gros succès donc pour cette activité de fitness pour laquelle on parle déjà de dédoubler les sessions. C’est l’occasion pour les femmes du camp de se retrouver non seulement pour se défouler mais aussi pour bavarder et plaisanter. Le tout se termine évidemment autour du traditionnel café arabe.

Et elles, qu’en pensent-elles ?

Cette nouvelle activité avait été demandée par l’unité des femmes d’AlRowwad et nous avons voulu connaître l’opinion des participantes à ce sujet. Un petit questionnaire a été distribué afin de permettre d’en déterminer les points forts et les points faibles. 14 participantes ont répondu à ce questionnaire.

Leur profil : La plupart des participantes sont mariées. Deux d’entre elles sont célibataires et deux sont veuves. La plupart aussi ont des enfants. Leur nombre varie de 3 à 6. L’âge varie de 20 à 50 ans.

Qu’aiment-elles dans ce programme de fitness ?

Toutes trouvent le programme excellent. Elles estiment qu’il répond non seulement à un besoin physique mais aussi psychologique. Lorsque l’on connaît les conditions de vie dans un camp, spécialement pour les femmes, on ne s’étonne pas de cette réponse. La séance de fitness, c’est évidemment une opportunité de soigner sa ligne. Mais c’est aussi l’occasion de rencontrer d’autres personnes, de bavarder, de partager des idées, de mieux se connaître, en un mot de respirer un peu d’air frais. Elles espèrent toutes que le programme se poursuivra et se développera.

Sont-elles soutenues par leurs proches ?

 Toutes signalent une réaction favorable de la famille. Le plus souvent, le mari soutient son épouse et l’encourage à venir au centre comme en témoigne la réaction de ce mari : ’vas-y et amuse-toi’.
Un autre rappelle à son épouse qu’il est temps de se préparer s’il constate qu’elle va rater son cours. D’habitude, le mari s’occupe des enfants pendant l’absence de son épouse. Evidemment, le fait que l’activité se passe dans le camp, non loin de la maison, explique aussi la réaction favorable des époux. Même soutien de la part des enfants. Sans doute sont-ils très heureux de voir rentrer à la maison une maman souriante, moins stressée parce qu’elle a pu se défouler.

Qu’en pensent les amis, les voisins quand ils les voient se rendre à la séance de fitness ?

En général, les réactions sont positives. Voisins et amis encouragent les participantes à continuer. Le succès du programme incite certaines amies ou voisines à s’inscrire. Certaines rapportent la jalousie d’une amie ou d’une voisine qui, malheureusement, ne peut participer souvent parce que le mari n’est pas d’accord. Mais nous espérons que ces réticences diminueront avec le temps.

Le centre demande une participation aux frais. Qu’en pensent-elles ?

 Une participation aux frais de 20 shekels (soit 3,5 euros) par mois est demandée. Cela couvre environ 12 séances de 1heure 30. Le solde du coût est couvert par AlRowwad. Toutes considèrent que cette somme est tout à fait acceptable, spécialement si l’on considère la qualité du training. Une participante a cependant signalé que ce montant était encore trop élevé pour certaines femmes du camp qui, malgré leur envie de suivre les cours, ne peuvent payer ce montant.

Ont-elles des commentaires, des suggestions ?

 La plupart des suggestions portent sur l’achat d’équipement : miroirs, balance, équipement spécifique de fitness, programmes de fitness à la TV. Plusieurs suggestions aussi quant à l’organisation des cours :
- prévoir une session pendant la journée pour les femmes qui ne peuvent se libérer le soir
- prévoir deux niveaux de cours : un pour les débutantes et un pour les ’confirmées’
- prévoir un programme pour les enfants en parallèle au programme des mamans.

 Certaines participantes en ont également profité pour faire des suggestions plus larges en ce qui concerne les femmes et leurs préoccupations :
- lancer des projets qui rencontrent les besoins spécifiques des femmes dans la société actuelle, par exemple en informatique. Ce désir a déjà été rencontré puisqu’un cours d’informatique pour les femmes vient d’être lancé par AlRowwad (à suivre dans un de nos prochains flashs).
- créer une crèche pour les petits enfants afin d’aider les femmes qui travaillent ou de permettre à certaines femmes de travailler. Cela n’existe pas dans le camp.

Et qu’en pense AlRowwad ?

 Les responsables du centre sont évidemment enchantés du succès rencontré par leur nouvelle initiative. Un seul bémol : le manque crucial de place. Pour pouvoir permettre aux femmes de s’adonner à leurs exercices de fitness, le centre doit fermer ses portes aux autres activités. Cela pose évidemment un problème surtout si ce programme est appelé à se développer. Il devient donc urgent d’ajouter au moins deux étages au nouveau centre, dont un serait réservé uniquement aux activités des femmes.
Mais les moyens financiers font cruellement défaut et il n’est guère facile de lever des fonds supplémentaires à un moment où des besoins humanitaires de plus en plus nombreux se font jour, notamment à Gaza et au Liban.
Nous espérons pouvoir compter encore sur la générosité des amis d’AlRowwad pour continuer à développer nos programmes.



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