Amis des arts et de la culture de Palestine

Jumelage du camp d’Aïda et de Nogent sur Oise

Les Amis d’Al Rowwad ont assisté hier, samedi 20 juin, à la cérémonie de jumelage du camp d’Aïda avec la ville de Nogent sur Oise. Vous trouverez ci après un compte rendu de cet évènement par Jean-Claude PONSIN :

"J’étais particulièrement heureux parce que nous attendions ce jumelage depuis 2002. C’est en effet au cours d’un voyage en Palestine, en octobre de cette année, que nous en avons formulé le souhait à Fernand Tuil, organisateur du voyage. Aïda était en effet un des derniers camps, sinon le dernier, a ne pas être jumelé avec une ville française.

Ce jumelage est plein de promesses.

D’abord par la qualité des ceux qui l’ont initié.

Je ne parle pas de Fernand Tuil et de son équipe de l’Association pour le Jumelage de Villes Françaises et de Camps Palestiniens (AJPF), dont le dynamisme et la fidélité obstinée font l’admiration de tous. C’est d’ailleurs l’AJPF qui a organisé ce jumelage Aïda-Nogent et a fait venir la délégation palestinienne.

Je parle de ceux qui se sont engagés dans cette aventure, du côté palestinien, c’est-à-dire le comité populaire du camp et l’association Al-Rowwad et du côté français, la mairie de Nogent sur Oise, qui a eu le courage de refuser les conseils de prudence que n’a pas manqué de susciter sa décision.

Six personnes d’Aïda sont venues, toutes du comité populaire et parmi elles quatre d’Al-Rowwad, dont Abdelfattah, directeur du centre culturel Al-Rowwad et co-président des Amis d’Al-Rowwad. Les relations des deux organisations sont étroites et le comité populaire a participé à la construction de l’immeuble du centre culturel dont il utilise fréquemment les locaux.

Le conseil municipal de Nogent sur Oise vient d’être élu sur une liste d’union de la gauche comprenant socialistes, communistes, verts et autres, et on pourrait penser que c’est “ la gauche ” qui impose cette décision à la ville. Si “ la gauche ” en est bien l’instigatrice, c’est à l’unanimité que le Conseil municipal a adopté cette initiative, les représentants de l’opposition ayant voté la résolution. Autrement dit, la cause palestinienne a été assez convaincante pour que se taisent les différences politiques. C’est ce qu’a souligné Fernand Tuil dans son allocution. Ne soyons pas naïfs : les différences subsistent mais la Palestine a pu obtenir une trêve, comme on en voit dans les conflits a l’occasion de Noël. La cause palestinienne manifeste ainsi sa force morale, au même titre que l’humanisme chrétien. Ce simple fait nous encourage à persévérer dans la voie de la solidarité : la cause palestinienne est porteuse d’espoir.

L’accueil de la municipalité de Nogent a été chaleureux. Son maire, M. Jean-François Dardenne, a fait un exposé bien documenté sur la situation en Palestine et les souffrances d’une population occupée et enfermée. Il a constitué une équipe dynamique et soudée, avec en particulier M. Jean-Baptiste Rieunier, adjoint chargé des relations internationales et M. Sofiane Elhamouyi, jeune président du comité de jumelage.

Est venue aussi à cette célébration la déléguée de Palestine en France, madame Hind Khouri, qui a su faire une intervention simple mais très éloquente. Elle était manifestement émue elle-même et elle a su nous émouvoir.
Le délégué de l’UJFP (Union des Juifs Français pour le Paix) était également présent. Dans son allocution il a dénoncé la mauvaise foi du dernier discours du Premier Ministre israélien Netanyahou et apporté sa solidarité à la démarche de la municipalité.

Jean-Luc Bansard, directeur du théâtre du Tiroir à Laval (qui a mis en scène « Retour à Haïfa) a rencontré la délégation palestinienne pour mettre au point deux projets : formation d’acteurs en Palestine fin septembre et collaboration avec Abdelfattah pour le prochain spectacle de la troupe Al-Rowwad en France, l’année prochaine, qui reprendra un texte du prestigieux Ghassan Kanafani.

Des manifestations de ce genre sont souvent conventionnelles et ennuyeuses. Ce n’était pas le cas à Nogent : l’allant du Maire et du Conseil municipal est tel que cette manifestation nous a donné confiance et espoir. C’est ainsi que nous voudrions voir plus souvent discuter politique, avec un parler vrai.

Nous mènerons des projets culturels avec Nogent, en particulier théâtre avec la troupe Al-Rowwad en 2010 et diffusion de l’artisanat palestinien et des produits de Palextile. Cette nouvelle collaboration a d’ailleurs déjà commencé puisque deux militants des Amis d’Al-Rowwad ont vendu sur le marché de Nogent le vendredi 19 juin de l’artisanat et des produits issus de notre coopérations avec les brodeuses d’Aïda.. Elle s’avère d’ores et déjà enthousiasmante."

JC Ponsin
Président des Amis d’Al-Rowwad



FAIRE UN DON

ACTUALITES

  • Pascal Boniface porte plainte contre la « Brigade juive »

    "Pascal Boniface est soulagé. Sa plainte contre la « Brigade juive » pour dégradations, initialement refusée, vient d’être acceptée" , annonce Nadir Dendoune dans le Courrier de l’Atlas
    « C’est le commissariat du 11è qui m’a appelé pour nous annoncer la bonne nouvelle », témoigne le géopolitologue français, spécialiste de la question israélo-palestinienne et qui est régulièrement la cible d’attaques émanant des mouvements pro-israéliens. « C’est une victoire pour la liberté d’expression et contre les violences (...)

  • Cour Pénale Internationale : face aux Palestiniens, Badinter défend Netanyahou

    La Procureure de la Cour Pénale Internationale, Fatou Bensouda, a annoncé le 20 décembre 2019 son intention d’ouvrir une enquête sur les éventuels crimes de guerre commis depuis juin 2014 en Israël-Palestine. Afin de délimiter son travail d’enquête, la procureure a demandé officiellement à la Cour de préciser que la juridiction de la Cour Pénale Internationale s’applique bien à la Palestine et que le territoire d’enquête comprend la Cisjordanie, Jérusalem Est et Gaza. Fatou Bensouda a également conseillé à (...)

  • Un texte d’Eléonore Bronstein, en soutien à Mohamad Bakri, réalisateur du film "Jénine Jénine" :

    "Modestement, je voudrais exprimer toute ma solidarité avec Mohammad Bakri convoqué aujourd’hui devant un tribunal israélien suite à une plainte d’un ancien soldat d’élite pour diffamation.
    Le tort de Mohammad ? (en plus d’être Palestinien, je veux dire) : avoir réalisé, il y a presque 20 ans, un film documentaire intitulé " Jénine Jénine" dans lequel il exposait des témoignages de survivant.e.s du massacre israélien du camp pendant la répression de la seconde Intifada.
    Il est, depuis, harcelé, empêché de (...)