Amis des arts et de la culture de Palestine

Festival du Cinéma du Réel 2026 : rétrospective sur le cinéma palestinien

La 48e édition du Festival du Cinéma du Réel se tient du 21 au 28 mars 2026 à Paris. Ce festival mêlant documentaires, essais et expérimentation projette 37 films au total, dont 20 premières mondiales, et rend hommage à la réalisatrice palestinienne Jumana Manna.

Créé en 1979 et organisé par la Bibliothèque publique d’Information en partenariat avec les Amis du Cinéma du Réel, le festival a pour vocation de faire découvrir la diversité des genres et des formes d’approche cinématographiques dans le but de promouvoir le film documentaire.

Rétrospective sur la cinéaste palestinienne Jumana Manna

Cette 48e édition consacre une rétrospective à la réalisatrice palestinienne Jumana Manna, avec la projection de 7 de ses films. Ayant grandi à Jérusalem dans les années 1990, Jumana Manna est une artiste qui travaille principalement avec le cinéma et la sculpture, interrogeant la façon dont le pouvoir s’articule à travers le corps, la terre et la matérialité en relation avec les héritages coloniaux. En 2010, elle réalise Blessed Blessed Oblivion, qui relate la vie de jeunes hommes palestiniens dans Jérusalem-Est, et en 2022, Foragers, documentaire questionnant l’impact des lois israéliennes de protection de la nature sur les traditions palestiniennes. Son prochain film, attendu en 2027, dénoncera la racialisation brutale de garçons palestiniens de 10-11 ans fouillés quotidiennement par les soldats et la police israélienne.

Trois rencontres avec la réalisatrice sont prévues : le 23 mars à 16h30 à la BULAC (Bibliothèque universitaires des langues et civilisations) ; le 26 mars à 16h30 lors d’une table ronde au cinéma l’Arlequin intitulée La Forme modeste : gestes éco-politiques de création ; et le 26 mars au cinéma Saint-André des Arts, à l’issue de la projection de Foragers à 21h.

« Voir les Palestiniens et les Palestiniennes »

En parallèle, le festival propose une sélection de 23 films rares sur la Palestine, intitulée « Voir les Palestiniens et les Palestiniennes », programmée en collaboration avec Jumana Manna. Ces films, couvrant les années 1960 à aujourd’hui, ont pour objectif de montrer le quotidien palestinien afin de déconstruire les stéréotypes, redonner un visage à la résistance et proposer un récit alternatif à celui des médias occidentaux traditionnels.

Parmi eux, Ici et ailleurs, réalisé par Godard, Miéville et Gorin en 1976, qui retrace la vie d’une famille française en miroir avec le parcours de combattants palestiniens en exil. Plus récent, Our Father Was Born 100 Years Old and So Was the Nakba, réalisé en 2017 par Razan al-Salah, filme une grand-mère palestinienne qui retrouve Haïfa via Google Street View. En compétition, Paisanos, documentaire réalisé en 2025 par Andrés et Francisca Khamis Giacoman — frère et sœur issus de la diaspora palestinienne au Chili —, raconte l’histoire des supporters du Club Deportivo Palestino, club fondé en 1920 par des immigrés palestiniens, et questionne l’identité et le rapport au retour sur la terre d’origine.

Tout au long du festival, de nombreuses personnalités liées à la cause palestinienne seront présentes, parmi lesquelles Mahmoud Nabil Ahmed, cinéaste originaire de Gaza ; Sbeih Sbeih, sociologue et chercheur à l’IREMAM spécialiste de la Palestine ; et Basma al-Sharif, réalisatrice d’Ouroboros (2017), docu-fiction sur les traumatismes des palestien.nes.

Le festival se tiendra dans plusieurs cinémas parisiens : l’Arlequin, le Théâtre de l’Alliance Française, La Clef et Le Reflet Médicis.

[Pour plus d’informations->https://www.cinemadureel.org/infos-pratiques/



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