Amis des arts et de la culture de Palestine

Atfaluna

Atfaluna, la structure

Atfaluna est une ONG indépendante qui fonctionne avec les aides des sympathisants et des soutiens du monde entier. Situé à Gaza ville, elle a deux antennes, une dans le Nord de la Bande de Gaza et une au Sud. Crée en 1992 par un groupe de femmes spécialisées dans le domaine de la santé et de l’éducation, Atfaluna fut une réponse à la non existence dans la Bande de Gaza, de structures adaptées à un public malentendant. Fort de son succès au cours de la dernière décennie, Atfaluna se concentre aujourd’hui sur les activités suivantes : éducation pour les malentendants, centre de santé, accompagnement social et formation professionnelle au tissage main traditionnel.
Atfaluna compte 159 employés dont 62 hommes et 97 femmes. 31% travaillent dans l’unité de formation professionnelle. Atfaluna propose une gamme d’artisanat palestinien de haute qualité, fruit de l’alliance entre l’héritage culturel palestinien et la modernité des tendances actuelles de mode.

Al Majdal, un village, un tissu

Au premier rang de ces productions artisanales, on compte le tissu Majdalawi, dont l’apparition en Palestine remonte à la période cananéenne, il y a presque 5000 ans. Le village Al Majdal était célèbre dans le tissage main du Majdalawi, tissé de manière traditionnelle sur des métiers à pédale, utilisant des fils de coton noir et indigo combiné avec des fils de soie fuchsia et turquoise pour les côtés. C’est la signature textile d’une robe traditionnelle de la région côtière du sud de la Palestine. Une dizaine de morceaux de bois tenus ensemble, posés sur le sol auquel une pédale est reliée permettent de tisser les fils et d’obtenir une belle pièce de tissu aux couleurs chatoyantes. Ce tissu d’une toute petite largeur, de 35cm à 50cm, nécessite un grand savoir faire. L’apprentissage du tissage est très compliqué et il faut au moins six mois de formation pour maitriser ce savoir faire. Chaque tissu possède sa symbolique. Par exemple :‘’Jinneh u nar’’ signifie le paradis et l’enfer, ou encore ‘’Biltajeh’’ est le nom d’une famille de l’époque cananéenne.

Chaque maison possédait un métier à tisser, et les gens pouvaient vivre correctement de cette activité. Le niveau de vie était bon et on trouvait à tous les coins de rue des El Qa’a, des salles où il y avait plusieurs métiers à tisser, avant que les troupes militaires israéliennes détruisent Al Majdal en Novembre 1948, pour reconstruire sur ces mêmes ruines Ashkelon, le tissage représentait une source importante de revenus pour la population.

La plupart des habitants d’Al Majdal se refugièrent dans la Bande de Gaza. Les tisseurs ayant perdus leur matériel, il fallut tout recommencer. Le tissage à domicile se fait maintenant rare depuis qu’il est devenu très cher de se procurer le matériel et les fils. 60 ans après, il reste peu de refugiés toujours vivant qui possèdent ce savoir faire traditionnel.

Maintien de la production textile malgré le contexte d’occupation après 3 années de blocus….

L’association Atfaluna était la seule dans la bande de Gaza à perpétuer le tissage du Majdalawi. Tisser le Majdalawi c’est faire découvrir une composante de la culture palestinienne, c’est maintenir le souvenir de l’exil forcé. Ce carré de tissu est par son histoire, le miroir des transferts imposé aux palestiniens. L’occupant israélien a, entre 1948 et 1967, poussé un grand nombre de palestiniens à l’exil les obligeant à laisser tout ce qu’ils possédaient derrière eux. Sans compter qu’Israël n’a jamais cessé d’empêcher les commerçants palestiniens d’importer les fils de coton et soie et a fait pression pour promouvoir avant tout les tissus en provenance d’Israël.

Du fait du blocus dans la bande de gaza, Atfaluna ne peut plus s’approvisionner en fils pour continuer sa production comme avant. S’ajoute aussi le problème de l’exportation des produits à l’étranger qui, dû aux frais imposés par les autorités israéliennes aux frontières, sont exorbitants. Le cout de transport étant à la charge des clients cela rend les échanges commerciaux palestiniens inattractifs. « C’est une volonté de l’état d’Israël d’étouffer toute initiative économique en Palestine. »

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