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Rapport Goldstone : la décision de remettre la justice à plus tard dessert la cause d’une paix fondée sur le droit.

Rapport Goldstone : la décision de remettre la justice à plus tard dessert la cause d’une paix fondée sur le droit. Le gouvernement français doit œuvrer pour que les criminels de guerre soient poursuivis.

Nos organisations sont indignées par le report du vote du Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies concernant le rapport Goldstone.

Ce rapport est l’aboutissement d’une enquête approfondie, et il révèlela justesse de nos mobilisations : Israël s’est manifestement montré responsable de crimes de guerre, voire de crimes contre l’humanité. Ce rapport a permis aux Palestiniens d’espérer à nouveau, après la guerre contre Gaza, que la justice internationale pouvait enfin s’appliquer. Nous avons espéré avec eux que le droit l’emporterait sur la culture de l’impunité qui prédomine quand il s’agit d’Israël. Nos dirigeants en ont voulu autrement.

Encore une fois, la France et l’Union Européenne se sont alignées sur les exigences d’Israël et des Etats-Unis, soumettant les Palestiniens à une pression terrible. L’Autorité Palestinienne y a cédé. Elle s’est résolue à demander le report du vote, provoquant la colère de sa population et l’indignation de ceux qui s’étaient mobilisés pour que les crimes de guerre ne restent pas impunis.

Ces faits constituent un nouvel exemple de l’impuissance volontaire dont font preuve nos dirigeants face à Israël. Au nom de la "poursuite du processus de paix", qui ne débouche sur rien, la justice a été remise à plus tard. Sans doute pour que le rapport du juge Goldstone finisse comme ceux qui l’ont précédé : dans l’oubli et la poussière. Nous l’affirmons : il ne saurait y avoir de paix réelle tant que le droit du plus fort l’emportera sur la force du droit.

Nous constatons hélas que ce n’est pas l’avis du président français Nicolas Sarkozy : non content de manœuvrer pour le retrait du rapport Goldstone, son gouvernement recevait le même jour le responsable direct des crimes commis contre la population de la bande de Gaza, le chef d’état major israélien, Gabi Ashkénazi. Ce dernier a été reçu comme un allié et comme un ami, au lieu d’être tenu pour ce qu’il est : responsable de ces crimes.

Cette politique irresponsable de soutien inconditionn el à Israël fait le jeu des promoteurs de la thèse du "Choc des Civilisations" . Elle renforce la frustration et la colère de tous les citoyens qui ont participé par centaines de milliers, sous l’impulsion de notre Collectif, aux mobilisations historiques contre les massacres à Gaza et pour des sanctions contre Israël.

Nous demandons au gouvernement français, et notamment au Ministre des Affaires Etrangères Bernard Kouchner, de clarifier sa position concernant les poursuites contre les crimes commis et d’œuvrer pour que les violations du droit international soient enfin sanctionnées. Il en va de la crédibilité des valeurs dont la France et l’Europe se réclament.

Communiqué des organisations du Collectif National pour une Paix Juste et Durable entre Palestiniens et Israéliens.
Premiers signataires : AFPS, CCIPPP, Génération Palestine, GUPS, UJFP, Les Amis d’Al Rowwad, Solidarité 18



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