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Pour Joffrin (Libération) quiconque défend la Palestine est antisémite

J’ai pour la première fois rencontré Laurent Joffrin il y a trente ans. C’était lors d’un dîner privé donné par un diplomate pakistanais. Comme il portait un pantalon trop serré, on ne pouvait pas ne pas voir que c’était un garçon qui avait de couilles.

Le surprenant c’est que, plus tard, on n’ait jamais retrouvé leurs traces dans ses écrits. Il était accompagné d’une jeune femme habillée en petit marin. J’ai d’abord trouvé cela étonnant, puis compris : Joffrin et Jean-Marie Le Pen ont, jadis et de conserve, fait beaucoup de voilier dans la Manche. Une pratique qui vous fait aimer durablement la marine.

Est-ce au cours de ces virements de bord qu’encalminé Joffrin a peaufiné l’art de la calomnie ? Reste la réalité qui m’occupe aujourd’hui, par le truchement du quotidien Libération Joffrin diffame EuroPalestine, une association qui soutient la lutte des Palestiniens pour l’obtention de la justice et de leur liberté. Le propos du quotidien est doublement grave. C’est un attentat qui fait deux victimes, Europalestine et Libération qui transforme la presse en petit porteur de mensonges policiers. Rappelons qu’aux États-Unis, qui ne sont pas mon modèle, la charte des journalistes précise qu’on ne peut rapporter une information donnée par la police sans la vérifier. Libération ce n’est même pas l’Amérique.

Quel est le crime, contre la liberté de penser et d’agir, commis par monsieur Joffrin ? En page deux d’un numéro consacré aux « nouveaux antisémites », les employés de l’ex-coéquipier de Le Pen écrivent sous le titre : « Antisémitisme, les réseaux de la haine ». Ils publient à propos des associations qui soutiennent la Palestine : « Avec toutes les précautions d’usage, les services de renseignement désignent tout de même deux groupes « particulièrement excités » : le Collectif cheikh Yassine… et EuroPalestine… Le second (EuroPalestine ndlr), en revanche, fédère des leaders associatifs de quartiers populaires et représenterait « un petit millier de personnes ». Pour bien cadrer l’affirmation de Joffrin, rappelons que ces mots sont publiés dans un numéro spécial : « Nouveaux antisémites », puis en titre, répétons-le : « Antisémitisme, les réseaux de la haine » !

Un petit préambule. Par éthique, et puisque ce n’est pas un argument, Olivia Zemor et Nicolas Shahshahani, les deux locomotives d’EuroPalstine, n’utilisent jamais les morts de leurs familles comme bouclier inhumain. Pourtant, de famille ils n’ont plus, ou presque. Car disparue dans les camps d’extermination nazie. Je recommande donc au navigateur qui guide (à vue) Libération de publier un second numéro spécial sur « Ces juifs victimes de l’Holocauste et antisémites ». Pour avoir, à la librairie « Résistance », souvent assisté à des réunions et conférences sur la Palestine ou le Moyen-Orient, et même parfois défilé avec EuroPalestine dans les rues, je peux affirmer que si, par extraordinaire un quidam posait une question dont une seule syllabe frôlait le racisme, il était immédiatement remis sur sa chaise ou prié de quitter la salle. Accuser EuroPalestine d’être un défenseur radical de la cause palestinienne, oui en ce ses que ce sont des militants absolus. L’accuser d’antisémitisme est faux et une honte. Si les mots ont encore un sens. Bien sûr, avant de publier leur infamie, les techniciens de presse de Joffrin n’ont pas éprouvé le besoin – alors que c’est un devoir – de passer le moindre coup de fil à un responsable de l’association. Ces couards s’abritent derrière une clause de style « Avec toutes les précaution d’usage les services de renseignement désignent… ». Magnifique, « les précautions d’usage »… Ces mots en forme de parapluie veulent dire en fait : « on va écrire des saloperies mais faut pas nous en vouloir ». Et voilà « un millier » de militants courageux et honnêtes qualifiés de « nouveaux antisémites ».

On a bien compris le message policier, lancé en ricochet par Libération (pauvre Sartre, pauvre d’Astier) : EuroPalestine est si efficace pour faire avancer sa cause qu’il faut la discréditer avec des méthodes qui ont eu la peau de Salengro. N’oubliez pas que ce ragot initié, par la Direction Centrale du Renseignement Intérieur et dopé par Valls et Hollande, est fabriqué par ces policiers qui ont décelé du Ben Laden dans le groupe de Tarnac et vu en Merah un touriste sans histoire. Mes amis me disent, « Ce n’est pas grave, plus personne ne lit ce journal ». On comprend pourquoi. Joffrin ! Il est temps de jeter l’encre !

Jacques-Marie Bourget,

Version augmentée d’un article paru dans par Afrique Asie :
http://www.afrique-asie.fr/menu/actualite/8022-pourquoi-liberation-salit-europalestine.html



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