
Pour la première fois, une conférence juive antisioniste d’envergure internationale s’est tenue à Vienne.
– Pour la première fois, des Juifs ont organisé une conférence réunissant 500 participants venus des quatre coins du monde. Pour la première fois, des Juifs brisent le monopole du sionisme sur la représentation juive et font ainsi tomber la revendication selon laquelle Israël serait le seul et légitime représentant des Juifs dans le monde.
– Pour la première fois, la légitimité morale et politique de la lutte palestinienne se renforce sur la scène internationale, grâce au soutien venant de l’intérieur même de la communauté que le sionisme prétend représenter.
– Pour la première fois, le mouvement mondial de boycott bénéficie d’une couverture juive internationale, ainsi que d’un soutien moral et religieux, grâce à la participation d’universitaires juifs connus aux États-Unis et en Europe, actifs dans ces mouvements malgré les attaques du lobby sioniste.
– Pour la première fois, lors d’une conférence internationale, des Juifs appellent officiellement à suspendre l’adhésion d’Israël à l’ONU et à l’Union européenne, et à relancer le boycott académique et culturel des institutions israéliennes.
– Pour la première fois, un rescapé de la Shoah déclare publiquement lors d’une conférence internationale qu’« Israël commet des atrocités en notre nom ». La conférence qualifie Israël de régime colonial et d’apartheid, semblable à celui d’Afrique du Sud, et appelle à former une coalition juive-palestinienne internationale pour faire tomber ce régime d’apartheid et bâtir un État démocratique unique pour tous ses habitants.
– Pour la première fois, la conférence exige que l’État d’Israël et ses dirigeants soient poursuivis devant la Cour pénale internationale et appelle à élargir la définition des crimes contre l’humanité pour inclure la colonisation et le blocus.
La conférence a publié la Déclaration de Vienne, texte politique central affirmant :
« Nous rejetons la prétention du sionisme à représenter le judaïsme et condamnons l’utilisation du judaïsme comme outil de colonisation, d’apartheid et de génocide contre le peuple palestinien. »
– Pour la première fois, dans une conférence juive internationale, les participants défendent la libération de la Palestine « du fleuve à la mer » et rejettent la solution à deux États, la considérant comme un paravent destiné à perpétuer la colonisation.
La conférence soutient explicitement la résistance palestinienne sous toutes ses formes, la reconnaît comme une lutte légitime contre le colonialisme raciste, appelle à poursuivre les gouvernements occidentaux complices du génocide et revendique le droit au retour pour les réfugiés palestiniens, au nom de la justice historique.
La conférence a fermement critiqué les États-Unis pour leur soutien inconditionnel à Israël, l’Allemagne pour avoir instrumentalisé la Shoah pour justifier son appui militaire et politique, ainsi que la France et l’Autriche pour leur répression des manifestations pro-palestiniennes sous prétexte de lutte contre l’antisémitisme.
Dans la déclaration finale, il est écrit :
« Honte, honte infinie aux gouvernements occidentaux qui justifient le génocide et répriment la solidarité avec les victimes palestiniennes. »
Le congrès affirme que l’antisionisme n’est pas de l’antisémitisme, et qu’au contraire, c’est le sionisme qui menace l’existence morale du judaïsme.
– Pour la première fois, dans une position sans précédent, « Steven Kapos », rescapé de la Shoah, a déclaré :
« Qui a vécu l’enfer du nazisme ne peut se taire face à ce que fait Israël aujourd’hui à Gaza. »
Et Dalia Sarig, principale organisatrice du congrès, a déclaré :
« Nous sommes des Juifs antisionistes et refusons que des crimes soient commis en notre nom ; nous sommes aux côtés des Palestiniens par fidélité à la justice. »
De son côté, l’historien israélien Ilan Pappé, également présent, a affirmé :
« Ce que fait Israël n’est pas seulement une occupation : c’est un colonialisme de peuplement, un apartheid et des crimes de nettoyage ethnique incontestables. »
Ce n’est pas un hasard si cette conférence s’est tenue à Vienne. Comme l’a ironisé un participant :
« Ici est né Herzl, et dans la salle d’en face, son idée est morte. »
Et ce n’est pas un hasard non plus si les organisateurs ont décoré le hall et les coursives de branches d’olivier, sans drapeaux de la Palestine, d’Israël ou d’aucun autre État. Un invité venu d’Europe de l’Est a demandé :
« Sommes-nous à une conférence politique ou à une exposition d’oliviers palestiniens ? »
Un journaliste a répondu :
« Ici, l’olivier est plus sincère que tous les drapeaux des Nations unies. »
Au milieu des débats, un rabbin ultra-orthodoxe a pris la parole en arabe élégant, exprimant sa solidarité :
« Vous, gens de Gaza, êtes plus courageux que les enfants d’Israël face à Pharaon. »
? Pendant la pause, une vieille dame juive autrichienne de 91 ans, rescapée du nazisme, a chanté avec d’autres l’hymne « Mawtini » en arabe hésitant, avant de dire :
« Je le chantais déjà au temps de la Naksa, sans savoir qu’un jour je le chanterais contre Tel-Aviv. »