Amis des arts et de la culture de Palestine

Les artistes de Gaza donnent un nouveau tempo à la Grande Marche du retour

Si la chanson est reconnue depuis longtemps comme un écho des opinions populaires, voire comme un instrument de ralliement derrière une cause, dans le cas de la Palestine elle joue un rôle supplémentaire. Ce n’est pas un mystère : l’entreprise de colonisation du territoire palestinien s’est très tôt accompagnée d’une colonisation culturelle qui a entravé, menacé de disparition, voire totalement nié la culture palestinienne.

Dans un tel contexte, les chansons palestiniennes, ou même celles qui « parlent de Palestine », en plus de participer à la lutte proprement dite, constituent en elles-mêmes des actes de résistance, des « preuves de vie », des preuves de créativité d’une population qui ne se laisse pas détruire. C’est cette histoire que nous allons explorer ici."

« Les gens de Gaza seraient des créateurs de miracle si seulement nous leur donnions une chance »

Un groupe d’artistes palestiniens a produit un clip musical intitulé « Printemps rouge », qui a pour toile de fond la manifestation de masse palestinienne de six semaines près de la frontière orientale de Gaza — appelée la Grande Marche du retour.

« La musique est une forme de résistance, juste comme toute autre arme », a déclaré à MEMO le producteur Bashir Besaiso. Les couplets, qu’il jouait aux côtés de Mohammed Al-Baz, Min’im Awad et Ehab Khrais, a expliqué Besaiso, cherchaient à s’attaquer aux circonstances internes, externes et régionales qui ont conduit à la situation à Gaza aujourd’hui.

« Nous voulions aborder ce qui fait que les gens se lèvent ainsi et sortent manifester », a-t-il poursuivi.

Le refrain de la chanson, dirigé par Mo’taz Al-Araj, faisait écho aux sentiments de frustration face à l’indifférence du monde vis-à-vis de la réalité des Palestiniens, sous le siège et sous l’occupation, et de leur lutte, indiquant qu’on ne se souvient d’eux que quand ils sont tués. La couleur rouge, en référence au bain de sang, était mentionnée comme leur seule compagne.

« Quand nous mourons, ils se rappellent de parler de nous

Elevez vos voix

Chacun sait qui nous sommes

Comment l’univers peut-il continuer à tourner et nous laisser sur place

Seule cette couleur, le rouge, est notre compagne »

Un couplet de la chanson suggérait que les résidents assiégés de Gaza peuvent seulement compter sur eux-mêmes pour changer leur réalité : « Quand l’univers entier est contre vous, vous êtes forcés de changer par vous-même votre amère réalité ».

Le clip rendait aussi hommage au journaliste palestinien décédé Yaser Murtaja, abattu par un sniper israélien pendant qu’il couvrait les manifestations de la Grande Marche du retour en avril.

Au moins 112 Palestiniens ont été tués et plus de 13 000 blessés pendant la période de six semaines de manifestations entre le 30 mars, marquant la Journée de la terre palestinienne et le 15 mai – le 70e anniversaire de la Nakba (catastrophe) palestinienne, au cours de laquelle 750 000 Palestiniens ont été déplacés de force par les milices juives en 1948 pour faire place à la création de l’état d’Israël.

Les manifestants demandent que soit accordé aux réfugiés palestiniens leur droit à retourner dans leurs villes et leurs villages dont ils ont été chassés en 1948, et qu’il soit mis fin au siège israélien imposé sur la Bande de Gaza depuis 2007.

Traduction : CG pour l’Agence Média Palestine

Source : The Middle East Monitor

https://videos.files.wordpress.com/WYFciflW/gaza-artists-give-the-great-march-of-return-a-new-beat_dvd.mp4



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