Amis des arts et de la culture de Palestine

Le grand test de l’été : Vous êtes Palestinien... Jusqu’ou Pouvez-vous Aller ?

Répondez aux questions en cochant les réponses A, B ou C. Comptez vos points puis choisissez la réponse correspondant au maximum de lettres obtenues.

1) Vous vivez en Cisjordanie. Mais vous êtes originaire...

A _ De Cisjordanie : soit parce que votre famille y vit depuis toujours, soit parce que vos parents ont fui l’actuel Israël pendant les guerres de 1948 ou de 1967. A ce titre, vous avez une carte d’identité verte.

B_ De la bande de Gaza. Ce qui signifie que vous vivez clandestinement en Cisjordanie, puisque les Israéliens vous interdisent formellement le déplacement.

C_ De Jérusalem-Est. A ce titre, vous avez une carte d’identité bleue.

2) Votre situation sociale ? Plutôt...

A _ Aisée, voire très aisée : votre père est avocat, médecin, ou fonctionnaire du Fatah au sein de l’OLP
B_ Modeste, voire très modeste : vous avez poursuivi des études, mais vous reprendrez probablement la boutique familiale : petite ferme, garage, négoce
C_ Classe moyenne.

3) Et les langues ? Vous en parlez...

A_ Deux ou trois : l’arabe, l’anglais... vous allez bientôt commencer le français
B_ Deux : l’arabe et un peu d’hébreu
C_ Une, l’arabe.

RESULTATS

Majorité de A :

Pas mal ! Vous pouvez déjà vous déplacer dans toute la Cisjordanie, à condition bien sûr que les checks points ne soient pas fermés dans un moment de grande tension, ou que le soldat qui vous contrôle ne soit pas mal luné. Vous avez les moyens d’étudier à la prestigieuse université de Bir Zeit, à côté de Ramallah, ou à Al-Najah, à Naplouse, ce qui vous permet de partir un ou deux ans faire votre Master à l’étranger. De manière générale, vous avez la possibilité de demander un visa pour la plupart des pays du monde, à condition qu’Israël vous donne ensuite la permission de sortir du territoire, au check-point avant d’entrer en Jordanie, pour prendre l’avion à l’aéroport d’Amman. En revanche, pour les pays frontaliers, c’est plus compliqué. La Syrie vous est hermétiquement close (sauf exception ; il y a toujours une exception). Le Liban vous est plus ou moins ouvert, alors qu’il est impossible d’y entrer si vous vivez en Israël.
Enfin, le plus important, Al-Quds (Jérusalem) : nous sommes désolés. Vos origines aisées ne vous permettent pas plus qu’à un autre d’y entrer. Sauf, peut-être, si vous avez une bonne excuse : études, travail, performance artistique.

Majorité de B :

Il faut regarder la réalité en face : vous ne pouvez PRATIQUEMENT PAS VOUS DEPLACER ! Originaire de la bande de Gaza, vous risquez d’y être renvoyé si on vous contrôle à un check point. Résultat : vous évitez les checks-points, qui sont à l’entrée et la sortie de chaque ville et à proximité des grandes colonies. Si vous habitez à Ramallah, vous avez de la chance : vous pouvez à la rigueur aller à Jéricho, à côté de la Mer Morte, en prenant la route qui évite le check-point (en revanche, hors de question de voir la Mer Morte). De plus, vos origines familiales modestes ne vous facilitent pas la tâche : pour partir à l’étranger avec une bourse de votre université (privée, la seule qui soit vraiment reconnue), il va falloir jongler avec les frais d’inscription élevés, en les reportant d’une année sur l’autre. Puisque vous parlez un peu d’hébreu, vous pourriez à la rigueur aller travailler en Israël, mais obtenir le permis est devenu de plus en plus difficile après la seconde Intifada.

Majorité de C :

Mmmm...votre situation est intéressante. Originaire de jérusalem-Est, vous êtes le seul à pouvoir vous déplacer sans problème en Israël ET en Cisjordanie. En théorie, il vous est interdit de vous établir en Cisjordanie, mais on vous laisse finalement relativement libre sur la question.

Pour faire ce test, je me suis basée sur des rencontres et des conversations ; pour des précisions plus scientifiques, vous pouvez consulter l’article de Amira Hass, journaliste israélienne, sur le site :
http://www.palestine-solidarite.org/analyses.Amira_Hass.190107.htm

« 1 – Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un État. 2 – Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays. » (Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, article 13)


FAIRE UN DON

ACTUALITES

  • L’annexion ne concerne pas seulement le vol de terres – elle expulse les Palestiniens

    Ce que la communauté internationale considère comme une démarche illégale sous occupation est en fait une autre étape du projet colonial de peuplement vieux d’un siècle.
    Pour de nombreux lecteurs des sites d’information grand public ces dernières semaines, il peut sembler qu’Israël se prépare à mettre en œuvre un plan drastique d’annexion de la Cisjordanie occupée, suite à l’accord de coalition du nouveau gouvernement israélien et au soi-disant « Deal du siècle » des États-Unis.
    Mais les Palestiniens (...)

  • Ce que vous devez savoir sur l’enquête de la CPI sur les crimes de guerre en Palestine occupée

    Fatou Bensouda, procureur en chef de la Cour pénale internationale (CPI), a, une fois pour toutes, levé les doutes sur la compétence de la Cour pour enquêter sur les crimes de guerre commis en Palestine occupée.
    Le 30 avril, Bensouda a publié un document de 60 pages établissant dans le détail les bases juridiques de cette décision, concluant que « l’Accusation a soigneusement examiné les observations des participants, et reste d’avis que la Cour a compétence sur le Territoire palestinien occupé ». (...)

  • La Haute Cour de justice israélienne : un leurre, dénonce Gideon Levy

    Dans un article intitulé "Où a été la Haute Cour de justice jusqu’ici ?", Gidéon Levy s’attaque à ceux qui essaient de faire passer cette dernière pour un parangon de justice et Israël pour une démocratie.
    "La Haute Cour de justice est l’un des stratagèmes les plus intelligents d’Israël. Rien ne vaut la Haute Cour pour incarner Israël tel qu’il souhaite être vu : éclairé, constitutionnel, démocratique. La Haute Cour est son Dôme de fer en matière de démocratie. S’il y a des injustices, la Haute Cour les (...)