Amis des arts et de la culture de Palestine

Jeudi 9 novembre

Ce matin, Jérusalem est déserte, tous les magasins fermés pour cause de grève générale. Nous profitons d’une heure libre pour visiter l’esplanade des mosquées. La vieille ville arabe est presque vide, le souk plus que calme. Un des rares commerçants ouverts nous apprend que des échauffourées ont lieu à la porte de Damas, à peine à 500 m de là. Le contraste est frappant lorsque nous débouchons sur le mur des lamentations : touristes, soleil et ambiance bon enfant.
L’accès à l’esplanade des mosquées est fermé. Un des gardes de sécurité israélien nous explique, dans un français "parisien" : « mesure de sécurité. Ils sont en train de tout casser là haut, ils brûlent tout... ces animaux... »
Ma remarque comme quoi « cela n’a sûrement aucun rapport avec les 18 femmes et enfants tués à Gaza » a le don de l’énerver :
« Mais tu connais rien, t’es qu’un touriste ! »

Un quart d’heure plus tard, la radio du bus pour Bethléem nous annonce que 9 femmes ont été blessées porte de Damas.

L’arrivée au camp d’Aïda a quelque peu changé. Le centre de tri est ouvert, plus de brèche dans le mur de séparation de 8 m de hauteur. Nous passons donc à pied le dédale de béton et de grillage, filtré par des tourniquets digne des stations de métro des années 70 (la station Barbes en possède encore. Lampe verte, on passe, lampe rouge, on attend. Certains attendent bloqués à l’intérieur des tourniquets, le changement de couleur ne prévient pas. Les ordres nous parviennent par hauts parleurs, les militaires israéliens nous surveillent par vidéo. Ils sont postés dans des guichets blindés. Les palestiniens travaillant à Jérusalem doivent passer par ici matin et soir.

A la sortie, un immense panneau peint sur les 8 mètres de hauteur du mur de séparation, près du mirador blindé, proclame en trois langues et en lettres colorées :
« Que la paix soit avec vous »

La tombe de Rachel est maintenant inaccessible, le mur a fait un crochet de 500 m en tricotant dans la ville. Un bâtiment, encore habité, s’est retrouvé piégé sur 3 côtés, le mur passant à 4 m de distance de ses fenêtres.

Nous arrivons au centre Al Rowwad, dans les nouveaux locaux inaugurés en avril. Les enfants qui faisaient partie de la troupe de cet été nous font un accueil triomphal.

Abed nous héberge pour la nuit. Il a commandé un repas aux femmes du camp qui ont monté une cuisine communautaire qui sert de traiteur pour les délégations de passage. Une des cuisinières a deux fils en prison : un an et demi pour le premier pour avoir jeté des pierres, 15 ans pour le second pour avoir projeté un attentat. Il sortira pour son 31ème anniversaire.



FAIRE UN DON

ACTUALITES

  • Des figures de proue du théâtre britannique accusent de Maccarthysme le prix européen de théâtre des temps modernes

    Un prix couronnant l’œuvre de toute une vie, attribué à Caryl Churchill, retiré pour son soutien aux Palestiniens. Ce retrait donne lieu à une intervention importante de plus de 170 acteurs, metteurs en scène et écrivains.
    Plus de 170 acteurs, écrivains et metteurs en scène ont accusé de « Maccarthysme moderne » le jury du Prix 2022 du théâtre européen décerné en Allemagne, après qu’il a retiré le Prix de l’œuvre d’une Vie à la dramaturge britannique de renom Caryl Churchill pour son soutien aux droits des (...)

  • Le Forum des échecs palestinien à la FIDE : Déplacez le championnat du monde d’échecs par équipes de Jérusalem-Est occupée

    Le Forum des échecs palestinien du camp de réfugiés de Chatila appelle la Fédération internationale des échecs à déplacer le tournoi de Jérusalem-Est palestinienne occupée par Israël. Chère Fédération internationale des échecs et équipes participantes du Championnat du monde par équipes 2022,
    Nous vous écrivons depuis le Forum palestinien d’Échecs du camp de réfugiés palestiniens de Chatila au Liban pour demander instamment à la Fédération internationale des échecs (FIDE) de ne pas organiser le Championnat du (...)

  • En Cisjordanie occupée, le casse-tête des restrictions de séjour pour les étrangers

    De nouvelles restrictions d’entrée et de séjour pour les étrangers entrent en vigueur jeudi en Cisjordanie occupée, dans un contexte particulièrement tendu. Critiquées par les organisations de défense des droits humains, ces mesures israéliennes inquiètent également l’administration américaine.
    C’est une nouvelle procédure administrative particulièrement controversée qui entre en vigueur jeudi 20 octobre pour les étrangers souhaitant résider, travailler, étudier ou encore faire du bénévolat en Cisjordanie (...)