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FESTIVAL INTERNATIONAL DU CINÉMA AU FÉMININ DE GAZA

L’événement, annoncé lors de la Mostra de Venise, va proposer près de 80 films (documentaires, courts et longs-métrages de fiction) venus de 28 pays.

Au milieu des décombres et des tentes, au milieu du bruit des groupes électrogènes, des avions et des drones qui continuent de sillonner le ciel de Gaza, les gens imaginent entendre, comme un doux chuchotement : « Et maintenant... la projection va commencer... veuillez garder le silence. » Et la projection se fera sur un écran qui se fondra dans les nuages ; il servira de signal au carrefour de Deir El-Balah. L’écran ? Un mur moins marqué par les impacts que les autres. La projection se déroulera dans un espace ouvert, débarrassé des décombres et des débris, une salle de cinéma sans murs ni toit, remplie de personnes de tous âges, avec leurs parcours et leurs blessures, leur courage et leur résistance.

Imaginer une projection à Gaza nécessite une imagination très inspirée, voire aventureuse. Organiser un tel festival semble être une « mission impossible », mais les limites de l’impossible et de l’inimaginable ont été bien trop souvent dépassées à Gaza. Une fois de plus, nous repoussons ces limites pour organiser un événement vraiment exceptionnel et extraordinaire : le Festival international du cinéma au féminin de Gaza, à Deir el-Balah, au cœur de la bande de Gaza, du 26 au 31 octobre.

Annoncé pour la première fois à Venise, l’idée du Festival international du cinéma au féminin de Gaza a fait son chemin malgré toutes les incertitudes et les défis auxquels la population de Gaza est confrontée sur le terrain. Si, lors de l’évacuation de la ville de Gaza, il semblait évident que le festival ne pourrait avoir lieu, sauf peut-être en distanciel, quelques semaines plus tard, la possibilité d’organiser l’événement est redevenue concrète, conférant au cinéma le rôle d’amplificateur de l’espoir et de la résistance.

La première édition s’ouvrira avec le film The Voice of Hind Rajab de Kaouther Ben Hania, projeté pour la première fois dans le monde arabe. Le programme comprendra près de 80 films, dont des documentaires, des courts métrages et des longs métrages de fiction provenant de 28 pays. Quelque 80 fenêtres sur le monde pour une population qui vit sous le siège depuis tant d’années. Les films sélectionnés racontent la vie, les voix et les luttes des femmes.

La présidente d’honneur est Monica Maurer, cinéaste et chercheuse qui travaille depuis des décennies sur la mémoire visuelle palestinienne. Deux jurys siègeront : un jury pour les films de fiction et un jury pour les films documentaires. Le jury pour les films de fiction est présidé par la scénariste et réalisatrice française Céline Sciamma, accompagnée du réalisateur marocain Mohamed El Younsi, de l’actrice italienne Jasmine Trinca, du scénariste et réalisateur palestinien Fajr Yacoub et de l’actrice et metteuse en scène algérienne Moni Boualam.

Annemarie Jacir, réalisatrice du film “Palestine 36", proposé par la Palestine à la présélection de l’Oscar du meilleur film international 2026, préside le jury des films documentaires, aux côtés du producteur bahreïni Bassim Al Thawadi, de la productrice italienne Graziella Bildesheim (présidente du Réseau audiovisuel européen des femmes), du réalisateur koweïtien Abdulaziz Al-Sayegh et de la monteuse cubaine Maricet Sancristobal.

La date choisie pour l’ouverture du festival fait référence à la Journée de la femme palestinienne et à la première Conférence des femmes palestiniennes qui s’est tenue à Jérusalem en 1929.

Un riche réseau d’associations internationales de solidarité a rendu possible la tenue de cette manifestation. Il a été fondé par Ezzaldeen Shalh, cinéaste et titulaire d’un doctorat en cinéma, ancien président du Festival du film de Jérusalem et de l’Union internationale du cinéma arabe, qui a perdu sa maison et une partie de sa famille, et qui vit désormais sous une tente. Il considère le cinéma (et le festival) comme une forme de résistance, un moyen d’affirmer son existence, une déclaration politique et morale. « Ce n’est pas un festival sur Gaza, mais un festival avec Gaza, un festival de Gaza vers le monde entier. »

Traduction : JCP pour Culture de Palestine



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