Amis des arts et de la culture de Palestine

« Ensemble, nous chantons pour l’amour, pour la liberté, pour la vie » : un chœur d’enfants à Gaza

« Ensemble, nous chantons pour l’amour, pour la liberté, pour la vie. À travers la musique, nous essayons de redonner la parole aux enfants et d’offrir de l’espoir au milieu des décombres », explique Ahmad « Muin » Abu Amsha, fondateur de « Gaza Birds Singing« .

Depuis le début de la guerre, la famille d’Ahmad a été déplacée 12 fois. À chaque fois qu’ils ont fui, ils ont emporté leurs instruments. Malgré les difficultés du quotidien, ou en raison de celles-ci, ce professeur de musique a décidé de poursuivre son engagement dans la musique en créant un groupe musical composé d’enfants.

Depuis deux ans, il dispense ses cours et des vidéos depuis Gaza, où l’on peut voir ses élèves utiliser le son des drones comme une base pour leurs harmonies, une manière de sublimer la peur que ces sons génèrent.

Outre son projet « Gaza Birds Singing », Ahmad « Muin » Abu Amsha est coordinateur du Conservatoire Edward Said, qui continue chaque jour d’enseigner aux enfants de Gaza à jouer et à chanter, dans les centres d’hébergement et dans les tentes des déplacé-es.

« Dans le camp d’al-Asima, notre équipe a organisé des séances d’apprentissage de la guitare pour les enfants déplacés, animées par le formateur Hossam Hassouneh », raconte le communiqué. « Ces séances offrent des moments de joie et d’apprentissage au milieu du déplacement, affirmant le droit de chaque enfant à profiter de son enfance, même dans des conditions aussi difficiles. Pendant ce temps, dans la région d’Al-Zawaydah, Ahmad Abu Amsha, professeur au Conservatoire, a commencé à travailler avec les enfants dans les centres d’accueil locaux. Ses premières séances ont réuni de nouveaux visages et de nouvelles histoires. À travers des chansons et des moments partagés, il a contribué à transformer cet espace temporaire en une oasis d’espoir au milieu du génocide. »

Le Conseil International de Musique (IMC) a décerné le premier octobre dernier son prix annuel au projet « Gaza Sings : Voices of Steadfastness and Hope », porté et mis en œuvre par le Conservatoire national de musique Edward Said à Gaza.

« Gaza Sings : Voices of Steadfastness and Hope est le fruit d’un travail continu, avant et pendant le génocide », explique un communiqué du Conservatoire. « Il est le résultat d’efforts quotidiens acharnés, malgré les bombardements, les pertes, les déplacements, la famine et l’épuisement. À Gaza, nos collègues – enseignants, musiciens, artistes et étudiants avancés – persévèrent avec détermination, créant un modèle de fermeté face à la machine d’extermination israélienne, un modèle porté par des enfants qui grandissent privés de leur enfance. »

Le prix IMC des Droits de la Musique (Music Rights Award) est un symbole de reconnaissance et de célébration de la créativité et de l’impact des programmes nominés. Plus qu’une simple distinction, il s’agit d’un appel aux organisations musicales du monde entier pour qu’elles défendent les « droits de la Musique » et les transforment en une réalité vivante pour tous, partout dans le monde.

« La musique, la culture et la créativité ont le pouvoir unique de créer l’harmonie et le contrepoint, non seulement dans le domaine sonore, mais aussi dans la société. Le moment est venu d’exploiter ce pouvoir et de laisser des projets exemplaires ouvrir la voie vers un monde plus juste, plus connecté et plus compatissant. »

Le projet rassemble 42 musicien·nes et 7 ensembles, qui animent des ateliers d’éducation musicale communautaires, des spectacles participatifs, des ateliers créatifs et des publications numériques à travers la bande de Gaza depuis la fermeture du Conservatoire imposée par les opérations militaires israéliennes.

Découvrez le professeur de musique de Gaza à l’origine d’une chanson virale diffusée sur drone | ...



FAIRE UN DON

ACTUALITES

  • Habiller le discours dominant en rigueur historique A propos du documentaire « Palestine : une histoire » diffusé sur France 5

    Il existe une forme de malhonnêteté intellectuelle plus redoutable que le mensonge, celle qui emprunte le langage de la rigueur pour mieux maîtriser la conclusion. Le documentaire « Palestine : une histoire », diffusé sur France 5, en offre un exemple particulièrement travaillé. Sur trois épisodes, il convoque le paradigme du colonialisme de peuplement, donne à voir la dépossession historique du peuple palestinien, interroge des témoins, palestiniens notamment, cite des archives, partage des (…)

  • L’acteur Motaz Malhees ne pourra pas assister à la cérémonie des Oscars

    Bloqué par l’interdiction de Trump de laisser voyager les Palestiniens
    Le film de Kaouther Ben Hania, « La voix de Hind Rajab », présenté par la Tunisie, est sélectionné pour l’Oscar du meilleur film international, mais l’un de ses acteurs ne pourra être présent à la cérémonie le dimanche 15 mars.
    Motaz Malhees, qui incarne un opérateur de centre d’appels tentant désespérément d’aider Hind Rajab, une fillette palestinienne de 5 ans piégée dans une voiture sous les tirs à Gaza, a annoncé (…)

  • Négation du génocide à Gaza : la France en pôle position

    Si vous demandez à Chat GPT quelles instances internationales estiment qu’Israël commet un génocide à Gaza, il vous rappellera que la Cour internationale de justice (CIJ) a ordonné des mesures conservatoires devant un risque risque « réel et imminent de préjudice irréparable au titre de la Convention sur le génocide » dans son ordonnance du 26 janvier 2024. Il vous citera également la Commission d’enquête indépendante des Nations unies qui a conclu en septembre 2025 qu’Israël avait commis et (…)