
Sous l’égide du ministère de la Culture et des Arts, le Festival international du film d’Alger (AIFF), en partenariat avec le Centre algérien de la cinématographie (CAC), accueille les « Journées du cinéma palestinien à travers le monde » le 2 novembre prochain en Algérie.
Cet évènement cinématographique se déroulera simultanément à l9h à la Cinémathèque d’Alger, Béjaia, Constantine et Sidi Bel Abes ainsi qu’à la salle Mohamed Touri de la commune de Blida à 20h et la salle M’ZI de la direction de la culture de Laghouat à 19h. Cette participation algérienne répond à l’invitation du Film Lab Palestine, s’inscrivant dans un acte de foi. Dans un communiqué de presse, émanant du commissariat du Festival international du film d’Alger (AIFF), il est précisé que cette collaboration, qui se veut une passerelle d’échange, sera marquée par la participation de la 12e édition de l’AIFF aux « Journées du cinéma palestinien », prévues le 2 novembre prochain à la Cinémathèque algérienne. Ainsi, les cinéphiles pourront découvrir une série de films palestiniens - réalisés depuis le début de la guerre le 7 octobre 2023.
Le choix du 2 novembre n’est pas anodin puisqu’il « marque l’anniversaire de la Déclaration Balfour - sinistre promesse à l’origine de la Nakba palestinienne - et coïncide avec le 1er novembre, date du déclenchement de la Révolution de libération nationale algérienne. Ce rapprochement symbolique réaffirme l’engagement indéfectible de l’Algérie envers la Palestine et sa cause juste, à travers le cinéma, espace de mémoire, de transmission et de résistance », note le communiqué en question. Et d’ajouter : « A travers cette initiative, le festival relie la mémoire algérienne à la mémoire palestinienne, réaffirmant que le cinéma n’est pas un luxe ». Il est important de noter que les Journées du cinéma palestinien connaissent un développement remarquable à travers le monde.
Suleiman et Lubna
Preuve en est : en 2023, elles ont été organisées dans 41 pays et 86 villes, et en 2024, dans 57 pays et 238 villes. « Malgré les tentatives de censure et de dénigrement, cet événement continue de porter haut la voix du récit palestinien, soutenu par des partenaires convaincus du pouvoir du 7 art pour faire face à l’effacement et à la falsification de l’histoire ». Ainsi, le Festival international du film d’Alger proposera deux séances. D’ailleurs, la soirée s’ouvrira avec la projection du court métrage de fiction Ma baad (34 min, 2024), de Maha Haj. La deuxième partie de soirée sera consacrée au Documentaire Halat Ichq (90 min, 2024), de Carol Mansour et Muna Khaldi.
Le court métrage de fiction Ma baad revient sur l’histoire de Suleiman et Lubna. Après avoir subi une perte inimaginable, le couple se retire dans une ferme isolée, où ils s’occupent de leurs cultures et débattent passionnément des choix de leurs cinq enfants, jusqu’au jour où un étranger surgit pour leur révéler une vérité bouleversante. La cinéaste palestinienne Maha Haj est diplômée en littérature anglaise et arabe.
Symbole de la résistance palestinienne
Son parcours artistique est marqué par d’importantes collaborations, notamment comme cheffe décoratrice sur The Attack de Ziad Douairi, Le Temps qu’il reste et It Must Be Heaven d’Elia Suleiman. Son premier court métrage, Oranges (2009), a remporté le Prix du Public au Festival méditerranéen de Montpellier, suivi du documentaire Behind These Walls (2010). En 2016, elle signe son premier long métrage, Personal Affairs, œuvre saluée par la critique et sélectionnée à Cannes dans la section Un Certain Regard ainsi que de nombreux prix. Quant au documentaire Halat Ichq de Carol Mansour et Muna Khaldi aborde les 43 jours d’horreur passés à travailler sans relâche sous les bombardements, dans les salles d’urgence des hôpitaux Al Shifa et Al Ahli de Ghaza, le chirurgien britannique-palestinien, Dr Ghassan Abu Sittah, émerge comme symbole de la résistance palestinienne.
Le synopsis note que c’est la sixième guerre de Ghaza à laquelle participe Ghassan et la plus terrible. Pourquoi continue-t-il ? Où puise-t-il la force ? Quel impact sur sa famille ? La réponse réside dans leur passion commune : la Palestine, qu’ils expriment à travers son engagement humanitaire. Carol Mansour est réalisatrice indépendante libanaise, fondatrice de Forward FilmProduction (2000) à Beyrouth. Elle est spécialisée dans les questions sociales et de droits humains, elle a réalisé plus de 20 documentaires primés à l’international.
Pour sa part, Muna Khalidi, coréalisatrice et productrice. Elle est titulaire d’un doctorat en politique et planification de la santé, elle œuvre depuis plus de 30 ans dans le développement social et sanitaire. Depuis 2011, elle collabore avec Carol Mansour sur des films ayant pour thème la justice sociale et des droits humains. Il est à noter que les Journées du cinéma palestinien sont organisées par Film Lab Palestine chaque mois d’octobre. Elles ont pour objectif d’inscrire la Palestine sur la carte mondiale du cinéma et à valoriser les films palestiniens et internationaux dans plusieurs villes du pays, c’est du moins une ambition réussie de la part des organisateurs.
Lancée en 2014, ces Journées cinématographiques sont devenues un rendez-vous annuel incontournable. Le festival est réputé pour sa programmation unique et élaborée à la fois, alliant projections de films internationaux, tables rondes, ateliers professionnels, programmes destinés aux enfants et espaces de réseautage.
Nacima Chabani