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Berlinale 2026 : Arundhati Roy et Hiam Abbas prennent la parole pour Gaza

À la Berlinale, les propos de Wim Wenders appelant le cinéma à “rester en dehors de la politique” ont ravivé les critiques sur la position du festival concernant le génocide à Gaza. En réponse, l’écrivaine Arundhati Roy a annulé sa venue et l’actrice Hiam Abbas a défendu la responsabilité politique du cinéma.

Depuis le 12 février 2026, se tient la 76e Berlinale, festival réputé pour son engagement politique, et soutenu par le gouvernement allemand. Lors de la conférence de presse d’ouverture, le président du jury Wim Wenders a été interrogé sur le soutien de l’Allemagne à Israël malgré l’offensive dans la bande de Gaza, qualifiée de “génocide” par une commission de l’ONU en 2025. Il a répondu que “le cinéma doit rester en dehors de la politique”, ce qui a déclenché une “tempête médiatique” selon Télérama.

L’écrivaine indienne Arundhati Roy, attendue pour son roman Le Dieu des Petits Riens, a aussitôt annoncé son retrait du festival. Dans une déclaration à l’AFP, elle s’est dite “choquée et écœurée” par les propos du cinéaste, les jugeant “inadmissibles et impardonnables”. Selon elle, “dire que l’art ne doit pas être politique, c’est fermer la discussion sur un crime contre l’humanité en cours”. Dans le journal indien The Wire, elle réaffirme : “Ce qui se passe à Gaza est un génocide du peuple palestinien, soutenu par les États-Unis, l’Allemagne et d’autres pays européens.”

Deux films restaurés, Sad Song of Touha d’Atteyat Al Abnoudy et The Dislocation of Amberde d’Hussein Shariffe, ont également été retirés “en solidarité avec le cinéma palestinien”, selon un communiqué de La Cimatheque du Caire et des familles des deux réalisateurs. La directrice du festival, Tricia Tuttle, a défendu Wenders, invoquant la “complexité des échanges publics” auxquels les artistes sont confrontés.

L’actrice palestinienne Hiam Abbas lui a répondu : “Je ne suis pas d’accord. Tout ce qu’on fait est un acte politique. Il manque du courage chez certains cinéastes. Aujourd’hui, si on n’aborde pas ces sujets, on fait de l’art pour l’art — et moi, ça ne m’intéresse pas.” À la Berlinale, elle présente Only Rebels Win de Danielle Arbid, où elle joue une Palestinienne chrétienne amoureuse d’un migrant sud-soudanais.

Selon Reuters, la Berlinale est régulièrement critiquée pour son absence de position claire sur Gaza, contrastant avec ses prises de parole sur la guerre en Ukraine ou la révolte en Iran. Cette controverse relance le débat sur la responsabilité politique des artistes dans un festival réputé pour son engagement. Comme le résume L’Orient-Le-Jour : “À la Berlinale, cette année, l’écran n’est pas un refuge, mais un lieu de responsabilité.”

Par l’Agence Média Palestine



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