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A la Haye, devant CPI : Stop à L’impunité ! (album photos)

Quatre cents manifestants européens étaient présents devant la Cour Pénale Internationale (CPI) vendredi, à l’occasion de la Journée Internationale de Solidarité avec la Palestine, pour dénoncer son inaction face aux criminels de guerre israéliens.














- Une vingtaine de prises de parole ont été ponctuées de slogans en anglais et en Français (les deux langues de travail de la CPI) .

Parmi celles-ci, les interventions de Ziad Medoukh (Gaza) et Haitham Khatib (Bi’lin, Cisjordanie) pour la Palestine, d’Anne Jellman pour les Pays-Bas, de Mustapha Awad et Hamdan AL Damiri pour la Belgique, du Pr. Christophe Oberlin, Mohamed Salem, Sarah Katz, Jacques-Marie Bourget, Nicolas Shahshahani et Olivia Zémor pour la France, de John Tymon et Beleigh Jbara pour l’Angleterre, de Peter Leuenberger pour la Suisse, et de George Rashmawi pour l’Allemagne.

- Une délégation de deux personnes a été reçue à la CPI, mais les subordonnées qui les ont reçues, n’ont pas été en mesure de répondre à la moindre question.

LA CPI, UNE INSTITUTION INDÉPENDANTE ?

Olivia Zémor a rappelé que la CPI, qui dispose d’un personnel de 800 membres et de 18 juges élus pour des mandats de 9 ans par ses 123 Etats membres, possède de larges pouvoir (prison, amendes, compensations pour les victimes, dans tous les cas de crimes de guerre, crimes contre l’humanité, dont celui d’apartheid, la torture, la déportation et la persécutions pour des motifs raciaux, ethnique ou religieux.

Et elle peut juger des ressortissants de pays qui n’ont pas ratifié sa compétence, comme Israel, mais qui ont commis des crimes dans un pays qui l’a ratifiée, comme la Palestine.

La Palestine qui a saisi la CPI est d’autant plus habilitée à le faire que ses plaintes n’ont aucune chance d’aboutir devant les tribunaux de la puissance occupante. ET c’est justement dans ce type de cas, que la CPI a vocation à intervenir.

Mais on peut avoir des doutes sur sa volonté à enquêter sur les plaintes palestiniennes, quand on voit que depuis sa création en 2002 :
- quasiment tous les mandats d’arrêt qu’elle a lancés concernent des Africains, et parmi eux, surtout des "seconds couteaux" ou des opposants qui n’ont pas l’heur de plaire aux grandes puissances
- il n’y a pas eu un seul détenu blanc dans sa prison de Scheveningen qui se trouve dans la banlieue de La Haye,
- que ses bureaux à l’extérieur sont situés dans les villes suivantes : Kinshasa, Kampala, Bangui, Nairobi, Abidjan et Tbilissi
- et que la Procureure générale a pris la peine de lancer une enquête sur le conflit en Géorgie qui n’a duré que quelques jours, alors que les crimes perpétrés par les dirigeants israéliens depuis plus de 70 ans, ne font toujours pas l’objet d’une enquête malgré les dossiers de palintes très documentés qui lui ont été remis.

C’est tellement choquant que la CPI se sent obligée de jeter un peu de poudre aux yeux, avec ce qu’elle appelle des "examens préliminaires", qui ne mènent le plus souvent nulle part, mais qui veulent donner l’illusion que la CPI n’est pas le "Joker des grandes puissances", pour reprendre l’expression de la journaliste et auteur Stéphanie Maupas.

C’est ainsi qu’en 2017, Mme Bensouda a ouvert un examen préliminaire sur d’éventuels crimes de guerre commis en Afghanistan par les forces armées occidentales, et notamment les USA, mais n’a pas bronché quand elle s’est vu interdire l’entrée dans ce pays pour y interroger des suspects américains.

Ce qui n’empêche pas les USA, au sein du conseil de sécurité de l’ONU, de demander à la CPI de lancer des mandats d’arrêt contre les dirigeants qui les gênent. Et ce même conseil de sécurité a aussi le droit de demander à la CPI de suspendre une procédure.

Et quand c’est ce même conseil de sécurité de l’ONU qui saisit la CPI, il n’est plus question de "complexité" des dossiers, ni ’incontournables lenteurs de la procédure.
Ainsi, il n’a pas fallu plus de 3 semaines à Fatou Bensouda, pour lancer un mandat d’arrêt contre Khadafi à la demande de ces grandes puissances, avant de lancer leur intervention militaire contre ce pays.

Alors que depuis 2015, soit bientôt 5 ans, en ce qui concerne les plaintes palestiniennes, on en est toujours au stade de l’"examen préliminaire".
Et pour l’attaque du Mavi Marmara en 2010, Fatou Bensouda a estimé que le crime n’était "pas assez massif" !

Elle a même été sommée de revoir sa décision de classer le dossier et doit donner une autre réponse devant la cour d’appel de la CPI le 3 décembre prochain. Espérons que notre manifestation l’aidera à ré-ouvrir le dossier !

- ÉNUMÉRATION IMPRESSIONNANTE DES CRIMES ISRAÉLIENS


Haitham Khatib sur le Mur d’annexion et sur le ciblage des journalistes, montre une photo d’un journaliste assassiné par l’armée d’occupation


Ziad Medoukh a énoncé les crimes israéliens contre les manifestants des Marches du retour, et déploré les divisions inter-palestiniennes


Les Pr. Christophe Oberlin et le Dr Mohamed Salem ont parlé des massacres à Gaza, des Palestiniens mutilés, handicapés à vie, et de l’ensemble des conséquences sanitaires catastrophiques du blocus de Gaza

Sarah Katz, qui a vécu deux ans à Gaza, a dénoncé les crimes israéliens contre les producteurs palestiniens, et notamment les agriculteurs et les pêcheurs.

Nicolas Shahshahani a montré comment le crime de colonisation et d’annexion, se double d’un apartheid institutionnalisé, avec des droits réservés aux seuls Juifs

Mustapha Awad a dénoncé les crimes israéliens contre les prisonniers politiques palestiniens

Le journaliste Jacques-Marie Bourget, grièvement blessé par l’armée israélienne en 2000, a dénoncé la collaboration de nos gouvernements avec le terrorisme d’Etat israélien.

Lila de retour de la délégation à la CPI, a salué la détermination des participants et souligné que seule la mobilisation de la société civile pourrait permettre à la résistance palestinienne d’être victorieuse.


- La manifestation s’est terminée en dabke et chansons en hommage au peuple palestinien et à sa résistance

CAPJPO-EuroPalestine



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