Amis des arts et de la culture de Palestine

Les Enfants des Camps et l’Esprit du Retour

Pour ceux qui lisent l’anglais, vous trouverez un article dans Al-Awda, voix de la Résistance et de la Libération, mensuel publié par des militants du New Jersey, sur leur site :
http://alawda.newjerseysolidarity.org/.

Pour ceux qui n’ont pas la chance de lire cette langue, je vous livre ci-dessous la traduction, en demandant votre indulgence.

Les jeunes acteurs, danseurs et chanteurs du Théâtre d’Enfants palestiniens Al-Rowwad ont visité le New Jersey et New York du 17 au 22 juin dans le cadre de leur tournée qui comprend également le Connecticut, le Vermont et Louisville dans le Kentucky. Le centre Al-Rowwad du camp d’Aida a été créé et est dirigé par le Dr Abdelfattah Abu Srour. C’est un centre artistique, culturel et de théâtre pour enfants, qui comprend également un centre informatique et une librairie. Abu Srour, membre du Conseil d’administration de BADIL, association pour les Droits des Réfugiés, qui est intervenu a la convention Al-Awda 2004 a New York, a écrit et dirigé "Nous sommes les enfants du camp", la pièce qu’ont présentée les enfants au cours de leur tournée.

Al-Rowwad a rencontré un grand enthousiasme pour les quatre premiers spectacles. En commençant par leur premier, samedi 18 juin, au Passaic Institut technique de Wayne, New Jersey, sponsorisé par les militants de la solidarité du New Jersey pour la Libération de la Palestine et par la section du New Jersey du Congres Américain Palestinien, les enfants d’al-Rowwad ont ravi et ébloui l’assistance. Le spectacle du samedi soir a attiré principalement la communauté palestinienne et arabe, avec de nombreux enfants. Les spectateurs ont acclamé et applaudi tout au long du spectacle les images de la résistance et le portrait par les jeunes acteurs du courage palestinien, de sa force et du désir de retour. En établissant un lien entre les Palestiniens en exil aux USA et les réfugiés palestiniens qui vivent en Cisjordanie, le thème du retour et de la libération a été accueilli avec chaleur par la communauté, qui a répondu avec générosité aux appels de fonds pour Al Rowwad qu’a lancés le Dr Abu Srour.

La pièce elle-même, "Nous sommes les enfants du camp" est une histoire de 75 minutes d’expropriation et de résistance. La pièce commence par l’évocation des jeux et de la vie des jeunes acteurs dans leur environnement a Aida, enfants palestiniens en exil forcé de leurs villages. Joué en arabe, la traduction anglaise de la pièce est projetée sur un écran à coté des acteurs. Les jeux innocents des enfants palestiniens sont bientôt interrompus par une voix-off qui lit la déclaration Balfour. Commence alors le temps de l’exil, les acteurs marchant en cercles au travers les saisons de l’exil, vieux, jeunes et enfants nouveau-nés, jusqu’a leur arrivée au camp de Aida. Un montage vidéo projette l’histoire de la Nakba et les scènes des Palestiniens chassés de leurs maisons et de leurs terres alternent avec d’autres les montrant résistant à leur expropriation. Pendant le montage vidéo on entend le chant "1948", qui accompagne les images sur l’écran : "Vous avez vu ce qu’il est arrivé/Le pays est englouti par la destruction/Les tentes recouvrent le pays/Le temps se vengera de l’occupant/Aucun droit ne sera perdu/Aussi longtemps qu’il y aura de la résistance et des gens pour porter la revendication". Un par un les acteurs viennent énumérer leurs villes et villages de Palestine occupée et font le décompte des colonies, des invasions et des massacres, jusqu’a ce que les 11 acteurs ensemble sur la scène, parlant a l’unisson, rappellent l’histoire de chaque village et renouvellent leur détermination a retourner dans leurs maisons avant de chanter leur histoire : "Nous sommes les enfants du camp/Nous sommes les fils du refuge/Nous sommes les enfants de l’exil/Nous sommes les amants de la résistance".

Nous suivons les enfants d’Aida dans les histoires de leur vie comme enfants et l’histoire de la Palestine ; les enfants discutent des conditions de vie dans le camp puis ils deviennent la génération de l’Intifada, qui résiste courageusement a l’occupant, manifestant et jetant des pierres jusqu’a ce qu’en majorité ils tombent en martyrs. Cependant quelques uns survivent et aident les autres a se lever et se dresser une fois de plus. Ils parlent de leur engagement et des liens avec la terre de Palestine, qui n’ont pas été brisés par l’exil, l’oppression ou la mort. Un autre montage vidéo met l’accent sur des scènes de l’Intifada et de la résistance et se termine avec un drapeau palestinien dressé, l’image d’une clé et, en anglais et en arabe les mots "Nous retournerons". Les enfants d’Al Rowwad jettent ensuite un regard critique et plein d’humour sur les nouvelles, en intercalant des titres de supposées avancées dans le "processus de paix", avec des histoires su l’occupation et des promotions de produits, comme Coca Cola et des revendications pour des nouvelles qui diraient la vérité sur leurs vies. Une de ces vérités est décrite par la scène qui suit, représentant les acteurs qui font la queue devant un checkpoint dirigé par des gardes sadiques qui volent les lunettes d’une femme, battent un homme qui tentait de franchir le checkpoint et humilient les autres, jusqu’a ce leurs pratiques causent la mort d’un bébé palestinien, né sur le checkpoint après que les gardes aient refusé de laisser passer sa mère et son père. Quatre femmes arrivent alors, parlant comme les soeurs, les femmes, les filles et les mères de prisonniers, exilés, martyrs et combattants et déclarent "La salam" (pas de paix) tant qu’il n’y aura pas de justice pour les réfugiés, les prisonniers et les martyrs. Elles représentent la force et le courage des femmes palestiniennes.

Le jeu atteint son apogée avec la puissante scène de dabkeh, dansée par tous sur un chant qui célèbre la lutte ininterrompue pour le retour : "Le corbeau vole, le corbeau vole/Ils ont apporté la destruction dans notre pays/Ouvrez la fenêtre, enlevez la porte/L’Etat d’injustice est un mirage/La perdrix vole, la perdrix vole/Chantons le traditionnel zajal de mon pays/Chaque prisonnier, chaque exilé/Reviendra immédiatement chez lui ." La représentation se termine par un commentaire satirique du soi-disant "processus de paix", qui met en évidence le contraste entre les promesses de paix et la réalité de l’occupation continue. Les acteurs d’Al Rowwad reviennent alors à leur vie d’enfants palestiniens, qui jouent, qui vivent et se battent pour le retour. Le spectacle se termine sur une belle debkeh des acteurs qui dansent en habits traditionnels pendant qu’une jeune femme, au centre, brandit un drapeau palestinien.

La chaleureuse réception du spectacle d’Al Rowwad a continué le lundi soir, 20 juin, au Barrow Street Theater dans Greewich village a New York, ou les amateurs de théâtre l’ont applaudi et ont soutenu généreusement les collectes pour Al-Rowwad. La soirée suivante, mardi 21 juin, a rempli la salle au Théâtre Martin E. Segal, avant leur spectacle final, le mercredi 22 juin, sponsorisé par Al-Awda New York, a L’Ecole Al-Noor de Brooklyn. Le spectacle du soir a reçu, dans l’auditorium de l’école islamique, l’accueil d’une foule enthousiaste qui a contribué généreusement a la collecte d’Al Rowwad pour la construction du nouveau centre dans le camp d’Aida.
...

Le succès continuera certainement dans le Connecticut, le Vermont et le Kentucky et des projets pour le retour aux USA de la troupe l’été prochain sont déjà en cours.

Note du traducteur : pas question : ils reviennent en France en 2006 !!!



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