Amis des arts et de la culture de Palestine

Destruction des villages be ?douins du Ne ?guev : te ?moignage du groupe « Solidarity With Bedouins »

Troisième voyage à VTT à partir de la Belgique, et nouveau témoignage du groupe "Solidarité avec les Bédouins" qui revient de la région de Beer Sheva, où 45 villages non reconnus par Israël sont régulièrement détruits. Témoignage ci-dessous de la manière dont l’armée israélienne harcèle et persécute les habitants de cette région.

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« Lundi 21 avril. Comme d’habitude, les habitants du village se sont leve ?s to ?t. Tout e ?tait tranquille. Vers 6h30 branle-bas de combat, l’alerte est donne ?e : « Ils » sont la ?. Trois voitures blanches sont poste ?es a ? l’entre ?e du village et bouclent la zone, phares allume ?s.

Ni une ni deux, il faut tout sortir des maisons. Les femmes et les enfants courent avec des matelas, des couvertures, des paniers de le ?gumes, la bonbonne de gaz, les chaises en plastique. Les bras charge ?s, ils vont tout de ?poser entre les tombes du cimetie ?re qui est a ? quelques dizaines de me ?tres a ? peine et qui est le seul endroit ou ? « ils » n’interviendront pas.

Au bout d’une vingtaine de minutes les « maisons » sont vides et les tombes sont garnies des objets les plus he ?te ?roclites : sacs de ve ?tements, caddie rempli de vivres, caisse de jouets, ...

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Le convoi envoye ? par l’arme ?e israe ?lienne pour de ?molir les maisons entre dans le village, les ve ?hicules s’arre ?tent devant chaque habitation, soldats a ? l’avant-poste, mitraillette pointe ?e vers les habitants. Et les bulldozers entrent en action : la de ?molition a dure ? une trentaine de minutes.

Les habitants retranche ?s dans le cimetie ?re restent dignes, filment la sce ?ne avec leur GSM, sans un mot, sans un cri sauf a ? la fin ou ? les femmes ont lance ? des vole ?es d’injures et de gestes e ?loquents vers les soldats impassibles. Le « travail » termine ?, les soldats ont remis a ? Aziz, le responsable du village, une grosse enveloppe officielle, et le convoi est reparti, en rang serre ?, sans doute vers un autre village.

Tre ?s vite la vie a repris : avec son minibus, Selim a conduit les enfants chez son fre ?re a ? Rahat, la ville de regroupement des Be ?douins toute proche, pour qu’ils puissent se laver avant de les conduire a ? l’e ?cole. De retour a ? Al Araqib, les hommes avaient commence ? a ? reconstruire les maisons de ?molies, avec du bois, des to ?les, du plastic et des parpaings, juste a ? co ?te ? des gravats. »

Ce lundi-la ?, Al Araqib subissait la quatre-vingt troisie ?me de ?molition depuis 2010. C’est de cette re ?gion qu’est partie la marche d’un groupe de re ?sistants, de militants et de de ?pute ?s arabes : cent kilome ?tres a ? pied pour rejoindre Je ?rusalem et tenter de rencontrer des responsables politiques et sensibiliser l’opinion a ? la demande de reconnaissance des villages be ?douins non reconnus du Ne ?guev/Naqab menace ?s de destruction par le plan Shamir2.
Petit a ? petit le village s’est vide ? de ses habitants. Il comporte encore aujourd’hui vingt deux familles. Elles se sont re ?fugie ?es dans le cimetie ?re, cre ?e en 1914, pensant que de cet endroit elles ne seraient pas de ?loge ?es.

C’est en VTT comme en 2013 que notre groupe parti de Belgique a relie ? pour la troisie ?me fois quelques-uns des 45 villages non reconnus3 regroupe ?s dans la re ?gion de Beer Sheva, encadre ? par des habitants d’Al Araqib et des membres du « Regional Council of Unrecognized Villages » qui porte leur voix aupre ?s des autorite ?s et des me ?dias.

Le village se trouvait dans une re ?gion de collines ou ? les autorite ?s israe ?liennes ont rase ? les oliviers et plante ? des pins et des eucalyptus finance ?s par le Fonds National Juif. Celui-ci, sous
des pre ?textes e ?cologiques, a organise ? une re ?colte de fonds pour faire « verdir le de ?sert, symbole fort dans l’histoire d’Israe ?l », et cre ?e ? « la Fore ?t des Ambassadeurs » pour marquer le fait que les ambassadeurs de nombreux pays furent invite ?s a ? venir y planter un arbre (parfois
a ? leur insu !).

Les autorite ?s ne reconnaissent pas l’existence d’Al Araqib, pas plus que les quarante-quatre autres implante ?s dans le nord du de ?sert du Ne ?gev/Naqab, dans un triangle forme ? par trois routes nomme ? « triangle Siyag ». Cette non reconnaissance justifie a ? leurs yeux la confiscation des terres et la destruction des villages pour y e ?tablir ici une base ae ?rienne militaire, la ? un village destine ? aux Falashas (les juifs noirs venus d’Ethiopie) ou une zone d’exploitation touristique.

Citoyens israe ?liens de seconde classe, les Be ?douins, bien que tenus de remplir les me ?mes devoirs que les citoyens israe ?liens de confession juive (toutefois sans l’obligation du service militaire) et de payer les me ?mes taxes, ne jouissent pas des me ?mes services et des me ?mes droits. La non reconnaissance de leurs titres de proprie ?te ?s qui datent de l’e ?poque ottomane justifie pour les autorite ?s le refus de les laisser vivre sur les terres qui leur appartiennent et de leur fournir les services de base tels l’adduction de l’eau, l’e ?lectricite ?, la construction de routes et d’e ?coles, des services de se ?curite ?, de sante ?, etc.

Le gouvernement israe ?lien cherche a ? les regrouper dans des villes cre ?e ?es a ? cet effet, qui les coupent de leur mode de vie traditionnel et ancestral. Ces townships sont les villes les plus pauvres d’Israe ?l, sans industrie et sans perspective d’emploi, comptant le taux de cho ?mage et de de ?linquance juve ?nile le plus haut du pays. D’autres re ?sistent, refusent de partir et de quitter les terres sur lesquelles ils vivent depuis toujours selon leur culture qui y trouve sa source.

Au nom de la modernite ? ces villages sont prive ?s d’eau, d’e ?lectricite ?, de routes, d’e ?coles, de centres de sante ?. Les Be ?douins subissent spoliations, destructions, expulsions, vexations, humiliations et injustices qui ne respectent ni leurs droits en tant que citoyens israe ?liens, ni les droits humains e ?le ?mentaires tels que de ?finis dans la De ?claration Universelle des Droits de l’Homme et dans les grands traite ?s internationaux relatifs aux droits humains.

1 Naqab = Ne ?guev en arabe
2 Pas encore vote ? a ? la Knesset mais de ?ja ? mis en œuvre 3 Ce qui repre ?sente environ 40.000 personnes
3 La « Naqba » (en arabe, la catastrophe) qui chassa de leur terre 800.000 Palestiniens en 1948 n’est a ? ce jour pas termine ?e."

Groupe Solidarity with Bedouins



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